Demain, tous masqués?

La province du Nouveau-Brunswick est passée à la phase 2 (orange) de son plan de rétablissement. Le port d’un masque sera exigé en public lorsque la distanciation physique ne pourra être maintenue.

Pourtant, depuis le début de la pandémie de COVID-19, les autorités de santé publique du Canada déconseillent le port du masque médical par la population. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas, au pays, de réserves suffisantes pour les personnels en soins de santé. Tout simplement.

Rapidement, des « petites mains » ont retrouvé les gestes d’autrefois. Tandis que certains se sont transformés en boulangers amateurs à la maison, d’autres ont redécouvert la couture et se sont mis à fabriquer des masques en tissu de façon artisanale. Or, le port de ces masques par le public est non seulement encouragé mais, à présent, il est exigé.

Je ne suis pas médecin. En faisant des recherches pour rédiger cette chronique, j’ai découvert qu’il n’existait aucun consensus sur l’utilité et l’efficacité des masques comme protection barrière pour limiter la transmission d’un virus respiratoire. N’attendez donc pas de moi que je vous dise d’en porter un ou de ne pas le faire.

Le visage d’un individu est la première chose qui nous permet de l’identifier. C’est pourquoi le port d’un signe religieux qui recouvre le visage ne peut être permis sur nos documents d’identité, même si ce port n’est pas interdit dans la vie courante. Cela conduit à des situations absurdes : pour contrôler l’identité d’une personne masquée, il faut lui demander de retirer ce qui voile son visage. Je l’ai déjà fait, autrefois, lorsque j’exerçais des fonctions consulaires.

Dans le cadre de la phase 2, les restaurants peuvent de nouveau accueillir le public. Il va de soi que la distanciation physique ne peut y être respectée. La personne qui vous sert ne va pas utiliser une pelle à neige télescopique pour déposer votre assiette sur la table. Et si vous êtes obligés de porter un masque, comment allez-vous faire pour boire et manger ?

J’ai l’impression que les grands penseurs qui nous gouvernent n’ont pas réfléchi à tous les aspects techniques et pratiques de ce qu’ils nous demandent de faire. Mais le plus grave, selon moi, est ailleurs : nous ne pouvons plus nous rassembler ni nous toucher comme nous le faisons autrefois. Par-dessus tout ça, va-t-on nous empêcher de nous reconnaître les uns les autres ?

Quand je songe à tout cela, j’ai l’impression d’être dans un mauvais film de science-fiction, ou dans un épisode de la série d’anticipation Black Mirror qui nous annonce un futur proche où il ne fait pas bon vivre. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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