Retrouver le paysan qui sommeille en nous

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a décidé d’interdire l’accès de la province aux travailleurs étrangers temporaires. Blaine Higgs invite les étudiants et les chômeurs à remplacer cette main d’œuvre saisonnière et bon marché. La pandémie du Covid-19 va-t-elle nous obliger à revenir à nos racines ?

La décision du gouvernement est loin de faire des heureux. Elle prive les propriétaires de fermes et de vergers de bras que le travail n’effraie pas et ne formulent aucune exigence particulière. Quant aux chômeur et aux étudiants, ils n’imaginent probablement pas quitter leur petite bulle de confort postmoderne pour aller travailler dans les champs. J’ose l’écrire : leurs ancêtres doivent se retourner dans leur tombe !

Selon l’encyclopédie canadienne en ligne, « très indépendants, les Acadiens pratiquent l’agriculture et l’élevage sur des terrains marécageux asséchés grâce à un dispositif de barrières adaptables aux marées, appelées aboiteaux, qui créent des polders utilisables pour l’agriculture. » Mais ça, c’était avant. D’accord, les chips et les canettes de bière qu’on s’envoie dans la bedaine, allongé sur un sofa tout en regardant la télé, n’existaient pas aux dix-septième et dix-huitième siècle. Et c’est tant mieux : si nos ancêtres s’étaient comportés comme nous le faisons, ils seraient morts de faim et nous n’existerions pas.

Le problème, c’est que le progrès technique et les avancées sociales, encore trop timides selon certains, ont fabriqué des générations d’assistés qui attendent tout d’un État-Providence. C’est exactement ce pour quoi se prend le gouvernement fédéral à coup de milliards de dollars, lui qui n’arrivait pas à trouver quelques dizaines de millions en 2019 pour sauver les Jeux de la Francophonie à Moncton, ni le moyen de revaloriser les prestations sociales et les pensions des retraités. Que ferons-nous lorsque le gouvernement fédéral cessera de distribuer cet argent ?

Les Acadiens d’autrefois étaient très indépendants, leurs descendants sont devenus des personnes dépendantes, à la fois des aides gouvernementales et d’une main d’œuvre importée de partout dans le monde… pour exporter leurs produits ailleurs dans le monde ! Je reviendrai prochainement sur une telle absurdité, alors que des voix s’élèvent dans la communauté pour favoriser la consommation avec une chaîne d’approvisionnement de proximité.

Ne serait-il pas temps de nous retrousser les manches ? Apparemment, les gens s’arrachent dans les quincailleries les articles qui permettent de se faire son propre jardin potager. C’est une bonne base de départ. Personnellement, je rêve d’avoir un type de propriété qui me permettrait de traverser les crises économiques et sociétales en parfaite autosuffisance. Si l’on est capable de cultiver ses fruits et légumes, on peut très bien cueillir et ramasser ceux que produisent les plus grands exploitants de la région. Le tout est de le vouloir.

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